{"id":1287,"date":"2006-03-15T14:15:37","date_gmt":"2006-03-15T06:15:37","guid":{"rendered":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/?post_type=exhibition&#038;p=1287"},"modified":"2025-01-14T21:50:44","modified_gmt":"2025-01-14T13:50:44","slug":"passages","status":"publish","type":"exhibition","link":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/exposition\/passages\/","title":{"rendered":"Passages"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Salon PASSAGES 2006 - Interview avec l&#039;ambassadeur francais\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/5ihwE20LZoQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le concept artistique PASSAGES<\/h3>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>J-Phillipe's Balinese Window to a Brotherly Soul (La fen\u00eatre balinaise d'une \u00e2me fraternelle)<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>L'\u0153il est d'abord attir\u00e9 par les coulures de couleur aux teintes douces qui s'\u00e9talent sur la surface du papier. Des taches apparaissent ici, une texture de gravier l\u00e0, des formes vagues se d\u00e9tachent puis se fondent. Une impression de calme et de paix se d\u00e9gage de l'\u0153uvre. <\/p>\n\n\n\n<p>C'est l'\"abstraction\" \u00e0 son meilleur : un langage d'\u00e9motions purement visuelles exprim\u00e9es \u00e0 travers ce qui ressemble \u00e0 un monde de couleurs naturelles. <\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, alors que l'\u0153il se pose plus longuement sur le papier, une autre lecture se r\u00e9v\u00e8le, cette fois-ci figurative : derri\u00e8re les lavis de couleurs pastel apparaissent les contours vagues, mais finement dessin\u00e9s, d'une sc\u00e8ne de village balinais \"classique\", \u00e0 la fois cach\u00e9s et r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par la surface color\u00e9e. Nos \u00e9motions, \u00e9veill\u00e9es par le c\u00f4t\u00e9 abstrait de l'\u0153uvre, sont maintenant guid\u00e9es vers la jouissance visuelle d'une terre idyllique qui se trouve \u00eatre Bali.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est dans la rencontre troublante - et l'\u00e9quilibre - entre les mondes de l'abstraction et de la figuration que J-Philippe trouve le champ de son inspiration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n'est pas une t\u00e2che facile. L'un des probl\u00e8mes classiques rencontr\u00e9s par tout peintre est celui de la gestion de la ligne et de la couleur. Va-t-il laisser la couleur organiser non seulement l'espace et la composition, mais aussi le model\u00e9 des objets et des personnages, ou va-t-elle suivre un rythme de formes d\u00e9termin\u00e9 par une structure graphique ? R\u00e9ciproquement, la ligne de dessin peut-elle conserver son autonomie d'expression lorsque son espace est \"envahi\" par la couleur ? Comment parvenir \u00e0 un \u00e9quilibre ? <\/p>\n\n\n\n<p>Dans J-PHILIPPE, c'est la couleur qui structure le tableau. L'\u0153uvre est avant tout abstraite ; son principal attrait est la composition de la couleur. Les sc\u00e8nes superpos\u00e9es sur la surface color\u00e9e suivent toujours le rythme de base de cette derni\u00e8re. La ligne de dessin est toujours discr\u00e8te, ins\u00e9rant en douceur le th\u00e8me de Bali dans une atmosph\u00e8re pr\u00e9existante de l'\u00e2me. Mais l'intention n'est jamais descriptive. <\/p>\n\n\n\n<p>C'est l'humeur de l'\u00e2me qui domine l'\u0153uvre. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&#8220;<em>Si je n'aime pas la surface de lavage que j'ai faite,\"<\/em> dit Jean-Philippe Haure, <em>\"Je ne continue pas. Je ne dessine rien. Je laisse le travail inachev\u00e9.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une autre question classique \u00e0 laquelle les artistes sont confront\u00e9s est celle de la \"repr\u00e9sentation\". Quelle doit \u00eatre la part de l'imaginaire, du spontan\u00e9 et de la r\u00e9alit\u00e9 objective dans une \u0153uvre d'art ? Si l'abstraction a sa propre \"logique\", g\u00e9n\u00e9ralement ax\u00e9e sur la couleur, la figuration fait appel \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences r\u00e9alistes et symboliques. \u00c0 cet \u00e9gard, qu'est-ce qui peut \u00eatre imit\u00e9 et qu'est-ce qui doit \u00eatre \"invent\u00e9\" ? <\/p>\n\n\n\n<p>Qu'en est-il du \"r\u00e9alisme\" d'une photographie ? Dans quelle mesure r\u00e9v\u00e8le-t-elle la \"r\u00e9alit\u00e9\" ou l'\"\u0153il\" du photographe ? Cette question est d'autant plus importante dans le cas de J-PHILIPPE que ses dessins sont bas\u00e9s sur des photographies. <\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, il ne semble pas y avoir de probl\u00e8me. Ses photographies sont d'une tr\u00e8s grande qualit\u00e9 - comme le montrent celles qui sont expos\u00e9es avec les peintures. Leur insertion en tant que dessins permet la repr\u00e9sentation de sc\u00e8nes et d'attitudes physiques qui ne sont pas envisag\u00e9es dans la figuration ordinaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, J-PHILIPPE ne \"duplique\" pas strictement les photographies, mais leur \"emprunte\" des images. Il y a donc un enrichissement de la repr\u00e9sentation : dans les photographies, ce qu'il montre est une \"r\u00e9alit\u00e9 choisie\" qui devient une \"figuration invent\u00e9e\" dans les peintures.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9ponse \"sensible\" au probl\u00e8me de la rencontre des genres, les peintures de J-PHILIPPE se situent exactement \u00e0 l'intersection des genres. <strong>\u00e0 la crois\u00e9e de l'abstraction et de la figuration, de la photographie et de la peinture.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"975\" height=\"830\" src=\"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Passages-undangan-luar.png\" alt=\"Exposition Passages, 2006, Jean-Philippe Haure\" class=\"wp-image-1299\" srcset=\"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Passages-undangan-luar.png 975w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Passages-undangan-luar-300x255.png 300w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Passages-undangan-luar-768x654.png 768w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Passages-undangan-luar-14x12.png 14w\" sizes=\"(max-width: 975px) 100vw, 975px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Qu'en est-il du contenu figuratif ? Les d\u00e9fenseurs de l'art contemporain ne manqueront pas de critiquer les th\u00e8mes de l'artiste : \"Bali. Exotique\", diront-ils, sans m\u00eame regarder ses \u0153uvres de pr\u00e8s. Et lui reprocheront d'\u00eatre l'appropriation post-coloniale, par un \u00e9tranger, d'un monde qu'il ne conna\u00eet pas. Oui, certes, mais n'y a-t-il pas encore de la beaut\u00e9 \u00e0 Bali, que peu d'artistes r\u00e9v\u00e8lent avec autant de talent que J-PHILIPPE ? <\/p>\n\n\n\n<p>Et pourquoi un artiste devrait-il s'int\u00e9resser \u00e0 la politique de l'art contemporain si sa sensibilit\u00e9 le met \"dehors\" et fait de lui un \"marginal\" dans le monde moderne. N'a-t-il pas le droit de trouver la vie du village balinais plus coh\u00e9rente et plus \u00e9quilibr\u00e9e que la vie moderne ? <\/p>\n\n\n\n<p>N'a-t-il pas le droit, lui aussi, d'ignorer dans son \u0153uvre les contradictions et la laideur de la vie quotidienne et d'id\u00e9aliser l'esth\u00e9tique et la coh\u00e9sion sociale que l'on trouve encore dans le Bali traditionnel ?<\/p>\n\n\n\n<p>Plus profond\u00e9ment, les peintures de J-PHILIPPE sont tout sauf exotiques. L'exotisme est au fond un \"<strong>malentendu<\/strong>\". Elle souligne les diff\u00e9rences ext\u00e9rieures d'une culture, comme si ces diff\u00e9rences en repr\u00e9sentaient le c\u0153ur, alors qu'elles ne sont que des d\u00e9tails. <\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne Bali, l'exotisme tourne autour des c\u00e9r\u00e9monies, des offrandes et autres, tout ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 l'image paradisiaque de l'\u00eele. Mais ce n'est pas ce qui int\u00e9resse J-PHILIPPE. Les personnages qu'il repr\u00e9sente dans ses \u0153uvres ne surprennent pas par leur \"alt\u00e9rit\u00e9\", mais par l'intimit\u00e9 qu'ils d\u00e9gagent. Ce qu'il voit en eux, ce sont des gestes corporels ordinaires et un sentiment d'appartenance. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Humains innocents<\/strong> comme nous devrions tous l'\u00eatre. Cette perception de Bali comme terre d'innocence est tr\u00e8s personnelle : J-PHILIPPE ne nous l'impose pas, mais la r\u00e9v\u00e8le, comme peu \u00e0 peu, sur le fond de ses lavis de couleurs. La principale qualit\u00e9 de l'artiste appara\u00eet ici, au-del\u00e0 de son style et de sa technique : sa sensibilit\u00e9 d'homme de foi, ouvert aux autres hommes et \u00e0 l'Humanit\u00e9 dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>J-PHILIPPE n'est pas un artiste narcissique, obs\u00e9d\u00e9 par son travail et par lui-m\u00eame. Vous pouvez le rencontrer \u00e0 plusieurs reprises, mais il ne parlera jamais de lui et ne laissera jamais entendre qu'il est un \"artiste\" avec un \"message\". Il vous laissera, ou laissera \u00e0 d'autres, le soin de parler d'\"art\", d'\"expression\", de \"concept\", etc. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais, \u00e0 l'insu de tous, de retour dans sa maison situ\u00e9e dans un champ non loin du village de Mas, pr\u00e8s d'Ubud, que va-t-il faire ? Il va entrer dans son petit atelier lumbung (grenier), s'y enfermer, prendre un crayon \u00e0 dessin, ouvrir son ordinateur et, seul, se lancer dans le monde de ses r\u00eaves, <strong>personnel<\/strong>, <strong>intime<\/strong>, <strong>sensible<\/strong>comme les \u0153uvres qui na\u00eetront bient\u00f4t sous ses mains.<\/p>\n\n\n\n<p>La discr\u00e9tion et la sensibilit\u00e9 sont en effet le fil d'or de J-PHILIPPE. <\/p>\n\n\n\n<p>Il n'est pas venu de France en Indon\u00e9sie par le biais du tourisme - pour \"d\u00e9couvrir Bali\" ; il n'est pas non plus venu attir\u00e9 par les opportunit\u00e9s \u00e9conomiques - pour travailler. Il est plut\u00f4t venu pouss\u00e9 par la foi - pour servir. <\/p>\n\n\n\n<p>Issu d'une famille catholique et dipl\u00f4m\u00e9 de l'\u00e9cole r\u00e9put\u00e9e \".<a href=\"http:\/\/www.ecole-boulle.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u0116cole Boulle<\/a>\"Il est arriv\u00e9 \u00e0 Bali en 1991 en tant que jeune fr\u00e8re la\u00efc catholique fid\u00e8le, d\u00e9sireux de d\u00e9velopper une \u00e9cole d'artisanat cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Gianyar par la communaut\u00e9 catholique \u00e0 l'initiative d'un pr\u00eatre fran\u00e7ais, le P\u00e8re Le Coutour. Une fois \u00e0 Gianyar, et bient\u00f4t \u00e0 Mas, il trouve dans la vie villageoise qui l'entoure une atmosph\u00e8re paisible qui convient \u00e0 son \u00e2me m\u00e9ditative et tr\u00e8s religieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a vu dans les gens qui l'entouraient des fr\u00e8res se comportant comme des fr\u00e8res, et vivant dans un pays o\u00f9 la religion est encore associ\u00e9e \u00e0 la vie communautaire et \u00e0 l'unit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu'il y a de bien avec un artiste comme J-PHILIPPE - droit, travailleur et discret - c'est qu'il est presque certain qu'il restera insensible aux modes et que ses \u0153uvres futures, quelle que soit leur \u00e9volution stylistique, continueront \u00e0 \u00eatre marqu\u00e9es du sceau de la sensibilit\u00e9 qui est la principale qualit\u00e9 de l'homme.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"721\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-721x1024.jpg\" alt=\"Exposition Passages, 2006, Jean-Philippe Haure\" class=\"wp-image-1301\" srcset=\"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-721x1024.jpg 721w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-211x300.jpg 211w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-768x1090.jpg 768w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-1082x1536.jpg 1082w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-1443x2048.jpg 1443w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-8x12.jpg 8w, https:\/\/jean-philippe-haure.art\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Poster-Passage-II-print-2006-Jean-Philippe-Haure-Exhibition-scaled.jpg 1804w\" sizes=\"(max-width: 721px) 100vw, 721px\" \/><\/figure><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le croisement de l'abstraction et de la figuration, de la photographie et de la peinture.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":1297,"template":"","class_list":["post-1287","exhibition","type-exhibition","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/exhibition\/1287","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/exhibition"}],"about":[{"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/exhibition"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/exhibition\/1287\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jean-philippe-haure.art\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1287"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}